#5 Trouvez votre Pourquoi – avec Thomas Burbidge

⇒ Écouter l’épisode

Comment trouver son pourquoi ? Avec Thomas Burbidge

En général, dans mes épisodes de podcast, j’ai pour habitude de dire : « Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode du podcast Le Brief… ». Mais là, je dois dire que je suis doublement ravie ! Car j’accueille mon tout premier invité, et pas des moindres : Thomas Burbidge !

Si vous êtes freelance, vous le connaissez sûrement.

Sinon, vous allez sûrement être aussi impressionné que moi face à son parcours.

Thomas, je l’ai découvert grâce à son podcast « Young, Wild & Freelance » où il reçoit, chaque semaine, des indépendants.
Thomas accompagne les freelances, dans leur apprentissage et leur évolution, au travers de – tenez vous bien :

Ce que j’adore dans son 1er podcast, outre le fait que j’apprends énormément, c’est la façon dont il creuse le « Pourquoi ». Pourquoi son invité s’est lancé en freelance ? Quel est le sens, pour lui de son métier, de ses actions ? Qu’est-ce qui le fait vibrer ?
Quitte à le déstabiliser un peu.

Et c’est tout l’objet du podcast que je vous propose aujourd’hui : vous encourager à vous questionner sur votre « Pourquoi », et le sens de votre vie professionnelle (/personnelle).

Pourquoi faites-vous ce que vous faites ?

On ne parle pas d’argent, ni même de liberté.
Mais de la raison profonde qui doit vous pousser à vous lever le matin, à faire ce que vous faites, auprès de vos clients idéaux.

La raison qui vous pousse à grandir, et à vouloir changer le Monde. Oui, par ici, on ne se refuse pas à être ambitieux.

Ce « Pourquoi » doit vous guider dans vos actions, dans votre vie pro et perso. Tout ce que vous entreprenez, au sens large du terme, doit servir votre pourquoi, et faire sens.

J’ai eu du mal à cerner cette notion de « Pourquoi ». Ça peut paraître abstrait. Ça peut faire peur, aussi, de creuser au plus profond de soi. Parce que c’est une mise à nu. Vous ne pouvez pas vous mentir à vous-même.

Mais, en écoutant, en lisant, des podcasts, des vidéos, des livres, des articles… qui en parlent, je pense avoir cerné le truc.
Et ces échanges avec Thomas le confirment.

Trouver son « Pourquoi », ça peut prendre du temps. Il peut aussi changer, avec les années.

J’espère que cet épisode vous aidera à le trouver, tout au moins à y réfléchir.

Bonne écoute !

Attention épisode intense 🙂

     

    Les ressources pour explorer votre « Pourquoi »

     

    Échanges avec Thomas Burbidge : Trouver son « Pourquoi »

    Ma première question, face à ton étonnant parcours, c’est : comment fais-tu pour créer tout ce contenu ? Où trouves-tu le temps ?

    Je crois que, de nature, j’ai plein d’idées, de bouillonnements, de trucs qui me passent par la tête tout le temps. Si tu as écouté mon épisode de Pensées Quotidiennes sur le petit chiot excité, c’est clairement la représentation de ce que je suis par nature. Alors, mon enjeu, en ce moment, c’est de faire moins de choses parce que justement j’en fais trop.
    Je suis dans cette réflexion de me dire « tant que je ne réussis pas à être focus à 100% sur un truc, je ne peux pas dédier 100% de mon potentiel là-dessus ».
    Toutes les activités que je mène aujourd’hui ont toutes un sens pour moi. Elles ont toutes des enjeux corrélés, des liens entre elles. Pour l’instant, mon approche a été de jongler avec tout ça. Maintenant, j’essaie vraiment de me concentrer sur une chose à la fois. C’est un vrai combat pour moi.

    Ma vision long terme, c’est d’avoir une équipe autour de moi.
    Je prends souvent pour exemple Gary Vaynerchuck pour ses contenus. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Gary Vaynerchuck, c’est le CEO de plusieurs entreprises aux États-Unis, notamment une qui s’appelle Vayner Media, une agence de création de contenu, de marketing et stratégies.
    Il a une équipe d’une trentaine de personnes, qui sont dédiées à sa création de contenus autour de sa marque personnelle. Ça lui permet d’avoir une omniprésence sur sa création de contenus. Et effectivement, à terme, j’aimerais avoir une petite équipe autour de moi pour créer de plus en plus de contenus au service des freelances et des entrepreneurs indépendants. Et pour aller de plus en plus loin sur des choses où, tout seul, c’est complexe. Par exemple, dans ma vision, il y a des documentaires, il y a des mini films…
    J’en parlais avec ma stagiaire hier : je rêve de faire, par exemple, une compilation, en musique, des phrases, punchlines et apprentissages importants du podcast, pour en faire une sorte de vinyl collector (rires).

    Voilà, j’ai plein d’idées dans tous les sens, mais pour toutes les faire, il me faut une équipe.

    Généralement on dit de moi que j’ai plein d’idées en tête, mais en fait, il y a largement pire que moi (rires).

    Franchement – et c’est un truc que je défends pas mal dans mon contenu, tu le sais – je pense que, quand tu as trouvé l’endroit où ça te parle, ça parle à tes tripes, tu as envie de te lever le matin et de contribuer à fond, tu as envie de donner, que tu le fais pour les gens qui t’inspirent le plus, que ça te nourrit aussi… Les idées viennent plus simplement.
    Ce syndrome  de la page blanche, je n’ai pas l’impression de l’avoir. Après, ça ne fait pas non plus 45 ans que je fais ça, c’est encore assez frais et il y a une immensité de choses à traiter. Pour le moment, je ne manque jamais d’inspiration.
    J’ai cette facilité de trouver tout le temps des idées et de recroiser les choses. Je me nourris de plein de choses, plein de contenus différents dans plein de domaines différents que je recroise. Mais je pense qu’il y a aussi une part de : quand tu es vraiment aligné, tu te sens au bon endroit, tu contribues à ce pourquoi tu as envie de contribuer, quand tu fais ce que tu as vraiment envie de faire, les choses viennent plus naturellement. Donc c’est le cumul de tous ces facteurs, je pense.

    Je trouve impressionnant tout ce que tu partages, entre tes deux podcasts, ta chaîne YouTube, ta newsletter, LinkedIn, Instagram. À chaque fois, tes contenus sont certes reliés, mais complètement différents. Comment tu arrives à avoir autant de nouvelles idées à partager et à savoir sur quels supports les partager ?

    Tu veux que je partage comment ça fonctionne ?

    Oui !

    Encore une fois, je me suis inspiré de Gary Vaynerchuck. On va éviter de faire un épisode sur lui, mais ça vient de lui. Ça s’appelle la pyramide du contenu.
    En gros, c’est construire des gros morceaux de contenus – par exemple un épisode de podcast d’une heure, une keynote d’une heure ou un long article. Tu l’exploites ensuite sous les différentes formes de contenus qui existent : audio, vidéo, écrit et visuel.

    Par exemple, pour un épisode de podcast, je peux le capturer en deux formats : audio et vidéo. Ce qui me donne un contenu de podcast pour Young, Wild & Freelance, mais aussi une vidéo pour la chaîne YouTube. J’ai filmé toute la saison 3. Je n’ai pas encore tout mis sur YouTube, mais je le diffuse petit à petit. Comme je les espace, tu as l’impression que ce sont deux contenus complètement différents et nouveaux alors que ce n’est pas forcément le cas.

    C’est de la matière première à réutiliser pour recréer des nouveaux contenus.
    Donc, la première strate, c’est ce qu’on appelle les piliers de contenus. La deuxième strate, c’est ce qu’on appelle les micros contenus. L’objectif est de prendre les gros contenus et de les découper en plusieurs petits morceaux qui sont des vidéos, des audios, des contenus rédactionnels ou des images fixes.

    Je le fais donc avec chaque épisode de podcast : j’en extraie des teasers audios que je transforme en mini capsules vidéo et j’extraie aussi des teasers vidéo d’une minute. J’extraie également des citations qui deviennent des visuels pour Instagram, pour Twitter et LinkedIn, etc. C’est infini. Par exemple, de chaque épisode de podcast, je pourrais écrire 4 mini articles, qui parlent chacun d’un sujet traité dans le podcast et qui vont un peu plus loin dans la réflexion.
    D’un contenu pilier d’une heure, tu peux extraire 10, 15, 20 micros contenus dans plein de formats différents qui te permettent d’alimenter tous tes réseaux.
    Et ensuite, lorsque tu as ces micros contenus, tu peux les adapter de manière contextuelle aux différents réseaux que tu utilises. Tu crées alors une énorme base de données, avec plein de contenus que tu peux réutiliser à différents moments et sous différents formats. C’est une espèce de boucle, où tout se réalimente.

    D’où le fait de créer des systèmes pour ça. Donc là, j’ai passé une bonne partie du confinement à essayer de créer un système digital dans Notion. En gros, j’ai juste à y noter toutes les idées qui me passent par la tête. Quand je dois créer des contenus piliers (une vidéo, une newsletter, un article, un podcast), je vais voir les idées notées.
    Je construis mon article, puis je le découpe en micros contenus. Ok, j’ai un post LinkedIn à faire, je vais dans la base de données, je prends, je publie.

    Est-ce que tu anticipes la production et la publication de tes contenus ?

    L’objectif, c’est d’anticiper et d’avoir une vraie ligne éditoriale pensée sur des semaines et des mois. Pour l’instant, j’en suis encore à la mise en place et je suis tout seul – même si ma stagiaire est fantastique, elle est encore une stagiaire. Donc, ce n’est pas encore aussi fluide que ça. Sachant que, comme tu le dis, ce ne sont pas les seules choses que je fais. Je ne suis pas à 100% sur mon contenu tout le temps, parce qu’il n’y a pas, pour l’instant, le modèle économique derrière.

    Mais, même sans avoir tout programmé et tout organisé, mon système donne quand même une perception extérieure d’omniprésence. Je suis sur tous les réseaux quasi tous les jours, parce que j’ai toujours des choses à partager. J’ai d’ailleurs trop de choses à partager. Je n’ai pas le temps de monter toutes mes vidéos YouTube alors que j’ai assez de contenu pour en faire 15 d’avance.

    Quand j’ai commencé, il y a peu de temps, à communiquer avec un podcast et un article, toutes les semaines, je me suis fait un planning d’idées et les deadlines. Mais finalement, lorsque c’est le moment de le faire, je n’ai plus forcément envie de parler du sujet prévu. J’ai envie de parler d’autre chose. Comment tu arrives à respecter ton planning ?

    C’est pour ça que j’ai créé Pensées Quotidiennes.
    J’adore les conversations que j’ai sur Young, Wild & Freelance. Mais j’avais envie de plus m’exprimer, alors j’ai mis en place des épisodes solo d’une heure.
    Mais j’avais cette frustration de me dire qu’il y a tellement de choses qui se passent dans ma tête, que je n’ai pas assez d’endroits où je peux les exprimer. Avec Pensées Quotidiennes, j’ai enfin un endroit où je sais que, tous les jours, si j’ai envie, je peux prendre mon micro pour poser tout ce qui me passe par la tête. C’est presque une pensive (rires).

    Souvent, avec la création de contenus, on se dit qu’il faut toujours avoir de nouvelles idées, qu’il faut toujours créer. L’approche que j’ai, c’est de documenter tout ce qu’il se passe. Je transforme ça en contenu.
    Qu’est-ce qui m’arrive dans mon quotidien ? Comment je peux transformer ça en un truc intéressant pour que les gens apprennent quelque chose ?
    Plutôt que de me dire « alors, il faut absolument que je parle de ce truc-là », je me dis « ah j’ai vécu ça cette semaine, je me rends compte que j’en tire des leçons, d’autres personnes peuvent en tirer des leçons aussi ». Et donc, je partage.

    Tu prends le temps de prendre du recul sur ce que tu fais chaque jour, chaque semaine.
    Et dans ton podcast Young, Wild & Freelance, tu vas vraiment au fond des choses, tu explores et tu fais bouger les lignes de tes invités et peut-être que tu les déstabilises (rires). Tu leur demandes toujours pourquoi ils se sont lancés en freelance. Alors, je te retourne la question : pourquoi tu explores à ce point, pourquoi tu as envie de savoir pourquoi ils se sont lancés ?

    Très, très bon retournement de question ! J’adore (rires).

    La première chose : il y a 6 ans, j’ai perdu mon père. Il a fait une rupture d’anévrisme, et c’était du jour au lendemain. Je suis d’ailleurs en train de préparer une série d’articles pour parler de ce sujet, de lui.

    Je viens de Dordogne, je suis allé dans une école primaire minuscule où je suis un des seuls à avoir eu le bac par la suite. Je ne viens pas de Paris ou de grands lycées.
    Lorsque mon père est mort, je venais d’arriver à Paris Dauphine – par plein de différents chemins, où la chance a joué son rôle aussi. Je venais de commencer mon alternance dans un grand cabinet de conseil à la Défense. J’allais tous les jours dans la tour avec mon costard et j’étais en train de me dire « ça y est, tu as gravi l’échelle sociale, tu as réussi alors que personne ne le pensait ». Beaucoup de personnes de mon entourage m’avaient dit « qu’est-ce que tu vas foutre à Paris, ce n’est pas pour toi, n’oublie pas d’où tu viens », ces trucs-là.

    Le chemin que j’ai suivi après la mort de mon père, ça a été un chemin de reconnexion à son histoire de vie.
    J’étais parti dans cette espèce de quête d’ascension sociale alors que mon père et sa famille, qui était assez aisée, ont vécu en Pologne, à Chypre, en Italie, etc. À un moment donné, mon père a décidé d’acheter une petite ferme en ruines en Dordogne, alors qu’on vivait en Angleterre. Son rêve de vie était de construire une petite maison pour sa famille, être au milieu de la campagne, vivre selon sa vision du monde.
    Il y a eu des tensions dans sa famille parce qu’il a rejeté les choses qu’on attendait de lui. Parce que ce qui était le plus important pour lui, c’était de vivre le mode de vie qui lui correspondait.
    Alors qu’avant sa mort j’étais dans le chemin complètement inverse, je me suis ensuite beaucoup reconnecté. Il fallait que je donne du sens à sa mort, parce que sinon ma vie s’arrêtait. J’avais une relation de fou avec lui, on était tellement proches. C’était obligatoire pour moi de trouver un sens à sa mort parce que sinon, la vie n’avait plus de sens du tout.
    Le sens que j’ai trouvé, c’est de me demander : « c’est quoi la leçon que je peux tirer de sa vie ? Et c’est quoi le cadeau qu’il me fait en partant ? »

    Je me suis reconnecté à cette quête-là qui était la sienne, de se dire : même face aux personnes qui t’aiment le plus, ce qui compte, c’est ta propre décision de vie, ce que tu as envie de vivre, ce qui est le plus important pour toi. Donc, fait passer tes propres envies, ton mode de vie à toi, ce qui est plus important pour toi pardessus le regard des autres. Parce que tout le monde de l’extérieur va calquer sur toi leur vision d’une vie bien vécue, mais ce n’est pas forcément la tienne.

    Et ça, ça a pris des années. Je suis encore en train de faire ce chemin de reconnexion à lui.

    Je me suis donc posé de plus en plus de questions. Toute la fin de mes études, c’étaient sans cesse des questions : si je m’écoute, qu’est-ce qui compte le plus pour moi ? Comment j’ai envie de mettre mon travail au service de ça ?

    En Master 2, j’ai expérimenté le freelancing. Je me suis rendu compte que j’adorais ce mode de travail, d’avoir mon propre projet, d’avoir ma propre approche des choses.
    Au fur et à mesure, ces questionnements sont devenus de plus en plus profonds. Qu’est-ce qui me ressemble ? Qu’est-ce qui est moi ? Qui j’ai envie de devenir ? Qu’est-ce que j’ai envie de construire ?

    La naissance de cette réflexion vient du pire moment de ma vie où j’ai perdu mon père.
    Ce que j’ai envie d’apprendre aux gens, de leur porter comme message, c’est : posez-vous ces questions maintenant. N’attendez pas de vivre des choses horribles pour vous remettre en question sur votre vie.
    On n’est pas obligé de vivre des choses horribles pour se remettre en question et vivre une vie de dingue.

    Je pense que c’est un gros facteur qui joue dans pourquoi j’adore questionner et inviter les gens à se questionner plus profondément. Moi j’ai eu besoin de me prendre la plus grosse gifle de ma vie pour me poser ces questions et je me sens tributaire de porter ce message. Faire en sorte que les gens vivent mieux avec eux-mêmes et avec les gens de leur entourage, tout en suivant les choses qui sont importantes pour elles et en arrêtant de se sacrifier.

    C’est aussi pour ça que tu as choisi ce métier autour du branding, c’est-à-dire aider les marques à trouver leur identité ?

    Ça l’est devenu. À la base, c’est le métier auquel j’ai été formé. Après le cabinet de conseil, je suis allé en agence de stratégie de marque. J’ai été formé pour ça et c’était aussi ce qui me stimulait intellectuellement, parce que le métier du branding demande à comprendre les mouvements sociétaux. Qu’est-ce qu’il se passe dans une société ? Comment les gens réfléchissent ? C’est quoi les choses qu’ils recherchent de plus en plus ? Et comment tu peux positionner des organisations qui cherchent à apporter de la valeur au monde dans ces mouvements de société ?

    C’était une grosse stimulation intellectuelle pour moi. Et effectivement, avec le temps, ça a évolué : cette réflexion a aussi une grosse part de questionnement sur soi.

    Aujourd’hui, je cherche à travailler uniquement avec les fondateurs et les co-fondateurs qui avaient une raison viscérale de lancer leur boîte. Pourquoi ? Parce que ces personnes sont émotionnellement engagées dans leurs projets. On peut alors creuser beaucoup plus profondément, au lieu de juste se positionner stratégiquement sur un marché, sans histoire, sans raison profonde.

    Je suis mentor en startup week-end sur ces sujets. Un objectif un peu caché que je me fixe quand je coache les entrepreneurs qui lancent leurs projets, c’est de réussir à en faire pleurer certains (rires). Je pose des questions types « pourquoi c’est important pour toi ? ». On creuse, on creuse, et le moment où tu vois que l’émotion ressort, c’est que là tu as touché quelque chose qui est fort. Quand tu touches un truc émotionnel où la personne est vraiment engagée, c’est ça qu’il faut absolument exploiter dans la construction de sa marque et de son histoire. Parce que si la personne est émotionnellement engagée, ça va forcément aussi toucher d’autres personnes, pour lesquelles les mêmes choses sont tout aussi importantes.

    C’est tout le sujet de cet épisode : parler du pourquoi.
    Le mot « émotion » est hyper important, parce que je trouve que réfléchir à son pourquoi est hyper intimidant. Ça peut faire peur parce que c’est une mise à nu totale.

    Complètement. On est ultra vulnérable. Mais c’est tout l’enjeu.
    On a tous grandi avec cette espèce d’injonction, de la part du monde extérieur, de nos parents, de l’école, des professeurs, etc., de rentrer dans le moule et d’être conforme aux règles.

    C’est d’ailleurs la vision que j’avais de mon éducation. Je me considère un peu comme un survivant de l’éducation nationale (rires). Parce que je trouve qu’il n’y a pas assez de contenus, de cours, de réflexions sur soi en tant que personne et la place que tu as envie de prendre dans le monde. On te forme, on te demande de choisir un métier, on te l’apprend dans un contexte particulier, et ensuite on te demande d’exécuter ce métier, de trouver un job qui correspond à ça.
    Mais, il y a rarement un moment où on te pousse à avoir des réflexions de fond sur ces compétences. Comment tu as envie de les utiliser ? Pour qui tu as envie de les utiliser ? Pour quelle cause et dans quel cadre ? Ça, c’est une réflexion qu’on est obligé d’avoir pour soi-même, mais on ne nous invite pas à l’avoir. Alors peu de gens prennent le temps d’avoir cette réflexion.

    Commencer à avoir cette réflexion alors que ça fait 10, 15, 20 ou 30 ans qu’on a été « formatés » dans un mode de réflexion complètement différent, où c’est l’extérieur qui passe en premier et on ne creuse pas à l’intérieur, eh bien oui, c’est difficile, on est vulnérable, ça fait peur. On se frotte à des choses qu’on ne comprend pas. Tu te retrouves, parfois, face à des choses que tu avais envie de laisser de côté, alors qu’elles peuvent être des moteurs super puissants.

    Même si tu as commencé à l’évoquer, c’est quoi ton pourquoi ?

    Il y a plusieurs niveaux. Je vais essayer de les disséquer (rires).

    Le premier, c’est, clairement, honorer la vie de mon père.
    Je me suis intéressé à fond à son histoire pendant le confinement. Ma mère et ma sœur ont ressorti pleins d’archives de ses projets entrepreneuriaux, des trucs qu’il a essayé dans le passé. Il a fait des dessins de sa vision pour la maison qu’il a commencé à retaper, qui est loin d’être finie. Alors, une grande partie de tous mes combats, c’est honorer sa vie. Propager le message qu’il m’a laissé et finir son projet de maison en Dordogne. Cette maison à retaper, qui était son premier rêve, j’ai envie de la finir pour lui.
    Pour la finir et donner vie à la vision qu’il m’a laissé, j’ai de la chance, j’ai la feuille de route. J’ai besoin d’avoir beaucoup de moyens, de comprendre comment le monde fonctionne, d’avoir des effets de levier financier, ce genre de choses.

    Donc, oui, clairement, c’est une force de dingue que j’ai tous les jours et à laquelle je me connecte à chaque fois. Parfois, oui, j’ai besoin de faire des choses inconfortables, mais ce n’est rien par rapport au fait de pouvoir dire dans 15 ou 20 ans : « j’ai fini de construire la maison de mon père ; et il y a des centaines, voire des milliers de personnes qui ont appris et qui savent qui était mon père, sa vie et les messages importants que je retiens de sa vie ». Ça, c’est une force de malade pour moi.

    Oui, j’ai vécu un truc horrible qui m’a réveillé, mais je n’ai pas envie que les gens soient obligés de vivre un truc horrible pour les réveiller aussi. Donc, je me sens missionné de partager ça et de faire en sorte que les gens se posent davantage de questions et voient que c’est possible et s’engagent, pour eux et aussi pour les gens autour d’eux.
    Il y a une espèce d’effet papillon et l’impact à grande échelle, ça m’obsède aussi. Les messages que je reçois de personnes qui me remercient des contenus, des formations… Là, par exemple, je viens de finir la beta test de ma formation « Construire ses offres », les témoignages que je reçois sont juste incroyables. Voir ce que j’ai apporté à ces personnes, me fait déplacer des montagnes.
    L’élan de contribution, c’est quelque chose que j’ai toujours eu, mais là, je l’ai mis au service de quelque chose qui est très important pour moi. Ça me drive.

    C’est cet événement qui t’a fait trouver le sens de ta vie. Mais tu n’as que 26 ans, et tu as déjà fait tellement de choses ! J’ai l’impression d’être une gamine à côté de toi et de commencer seulement à apprendre la vie (rires).

    Pendant longtemps, j’avais envie d’être le mec à qui on dit « putain, tu es tellement jeune et tu as déjà fait ça ». C’était très présent. J’ai lâché ce besoin parce que je me rends compte que les grands combats se mènent sur le très long terme. Les grands changements qu’on va réussir à faire pour nous-mêmes, pour notre entourage, pour le monde, ne se jouent pas là sur 2 ou 3 ans, avant tel ou tel âge. Ça se joue sur 60-70 ans.
    C’est une question d’ambition personnelle. Toute ambition personnelle est acceptable parce qu’il n’y a que toi pour la négocier.

    Je me rends compte que j’ai une très grande ambition.
    J’allais presque dire « heureusement que j’ai vécu cet événement ». Évidemment, ma préférence est que mon père soit encore là. Mais sachant ce qui s’est passé, comment je peux regarder cet événement d’une manière qui est au service de ce que j’ai envie d’en faire maintenant ? Avec tous les événements de la vie, même et potentiellement surtout les pires, on peut avoir ce choix conscient de se dire : « c’est arrivé, je ne peux pas le contrôler, mais comment j’en fais une force plutôt que de laisser ça me bouffer ? ».

    Je pense que ça a été un accélérateur. Ça ne s’est pas passé du jour au lendemain, mais ça m’a poussé dans ces retranchements profonds. Quand tu vis un truc horrible, il y a l’effet rebond… si tu le choisis.
    Alors, oui, aujourd’hui, je me dis c’est un événement fondateur de ma vie. Si ça ne s’était pas passé, je ne serais pas où j’en suis.

    Ce déblocage arrive à différents moments.
    Je ne sais pas si tu es très spirituelle, moi j’ai une petite part de spirituel qui dit : « on vit les chemins de vie qu’on doit vivre, on a une part de décision là-dedans, mais on ne peut pas choisir quand ces événements-là nous arrivent et je préfère penser qu’ils nous arrivent au bon moment ».

    Il y a une phrase que j’adore, de Tony Robbins : « la vie arrive à notre service ; tout ce qui se passe dans notre vie, c’est à notre service, et c’est notre rôle de trouver en quoi c’est à notre service », plutôt que de se morfondre et de dire que ce n’est pas bien, que ça n’aurait pas dû se passer.

    Pour toi, quand on entreprend, c’est hyper important de trouver son « pourquoi » avant de vendre un « quoi ». Alors, je me dis que le développement personnel et le business sont forcément liés, non ?

    Il n’y a pas vraiment de vérité objective. Ce que je dirais, c’est que le meilleur moment pour commencer à y réfléchir, c’est maintenant.
    Dès qu’on vous parle de ce sujet et dès que vous avez des clés de lecture, ayez une réflexion constante dessus.
    Mais ce n’est pas grave si vous n’en aviez pas entendu parler, si vous ne vous êtes jamais questionné sur votre « pourquoi », parce que notre expérience concrète du terrain nourrit aussi cette réflexion. Par exemple, aujourd’hui, le truc qui me donne le plus gros effet de levier, mon « pourquoi » actuel, ça se trouve dans 5 ans, il aura changé. Je pense que l’erreur, c’est de dire « ça y est, je l’ai trouvé, je vais mettre un petit ornement dans le coin de mon bureau et je vais regarder tous les jours ». Ce n’est pas quelque chose de figé.

    Quand on parle de son « pourquoi », c’est « quel est le truc le plus profond possible qui fait que quand tu te connectes à ça, tu es émotionnellement tellement engagé, que tu dépasses toutes les difficultés qui sont face à toi ? ».
    Cet ancrage va changer dans ta vie et c’est ok. C’est comme avec tout, il ne faut pas rester attaché à un truc comme à son rocher en se disant que c’est ça la vérité.

    Donc, je ne dirais pas qu’il faut travailler sur son « pourquoi » en premier ou en second, c’est une question que l’on doit avoir constamment en tête. Comment je lie le truc qui me donne le plus d’élan dans la vie avec ce que je fais au quotidien pour trouver les points d’accroche et faire en sorte que j’avance et que ça me parle, que ça me stimule, que j’y trouve du sens et que tous les jours, je sois épanoui en le faisant.

    Ma vision de la chose, c’est qu’effectivement, on sépare ces deux mondes. On se dit « je vais trouver mon équilibre pro et perso ; à 18 heures, c’est ma vie perso qui commence, il ne faut surtout pas que je parle du perso au travail ». Mais c’est comme si on prenait notre être tout entier qu’on se disait « bon ben voilà, il y a deux moitiés, il y a une moitié de droite, la moitié de gauche » (rires), mais on est une personne pleine avec du pro et du perso. Il faut trouver le lien entre les deux, parce que sinon, il y aura toujours une partie de nous qui est séparée. À mon sens, ce n’est pas une vie épanouissante. Mais c’est mon regard sur la chose. Ça se trouve, il y a des gens pour qui c’est leur vérité et qui se sentent très bien avec ça et tant mieux pour eux.

    Je trouve que le développement personnel, c’est du business, et le business du développement personnel. Quand tu es freelance et que tu commences à vendre tes services… Tes services, c’est toi, c’est ton savoir-faire, ce sont tes réflexions, tu es très identifié à ton business. Si tu te prends 15 refus à la suite, c’est un bon exercice de développement personnel ! C’est un exercice d’apprentissage : apprendre à accepter le rejet, et chercher dans ce rejet ce que tu en tires comme apprentissage.  Comment je m’améliore ? Comment je présente les choses mieux ? C’est une introspection, ça, mais c’est du business aussi.

    De la même manière, les questionnements sur le « pourquoi » ou sur « c’est quoi les choses que j’aime le plus faire au quotidien et comment je construis un modèle financier qui me permet de me rémunérer pour vivre autour », c’est du développement personnel et du business en même temps.

    Donc, je trouve qu’on doit arrêter de séparer ces mondes.
    Quand on rassemble les questionnements ensemble et qu’on se pose la question d’une vie épanouissante, le travail, qui nous prend une majorité de notre temps, devient notre vie, et la vie devient le travail, et c’est génial.

    Tu vois, souvent dans mon pitch, je dis : on s’est trompé pendant longtemps dans ce qu’on entendait par le mot travail. Il y a deux manières de regarder l’étymologie du mot travail. Moi, j’en connaissais une du latin trepalium, qui veut dire instrument de torture. La croyance et la perception commune des gens, c’est que travail égale souffrance – un truc que je n’ai pas envie de faire ou qu’on m’oblige à faire parce que je dois gagner des sous. C’est hyper ancré.
    Une autre manière de regarder l’étymologie du mot « travail » : on peut aussi voir le préfixe tra-, qui veut dire « transformation ». Travailler, c’est une transformation de matières, on transforme des matières premières en autre chose. Mais on peut aussi le voir comme une transformation personnelle. Ça, c’est ma vision de mon activité et de mon travail. Le travail est un levier d’épanouissement.

    Je me transforme tous les jours par mon travail. Je me transforme tous les jours par les apprentissages que j’ai dans le monde professionnel. Ce qui me renvoie nécessairement à ma personnalité, à ma réflexion sur moi, à ce qui est important pour moi, aux gens avec qui j’ai envie de passer du temps. En me demandant à qui j’ai envie d’offrir mes services et quelles sont les causes qui m’importent. Qui sont les personnes qui m’inspirent et que j’ai envie de soutenir, avec qui j’ai envie de travailler ?

    Je préfère largement cette définition ! (rires)

    Moi aussi ! (rires)

    Cela étant, je ne cherche pas à avoir la bonne définition. Je cherche à savoir celle qui est le plus à mon service, qui m’aide le plus à avancer dans mon quotidien et qui me rend le plus heureux.

    La seule vérité que je connais, c’est ma propre perception du monde.

    Je reviens sur le « pourquoi ». Ça paraît quand même très abstrait. On a l’impression que ce n’est pas concret. Pour toi, si on doit résumer, ça veut dire quoi trouver son « pourquoi » ?

    Ça veut dire : avoir un levier émotionnel auquel tu te rattaches, qui fait que tu peux tout faire. Même les choses les plus inconfortables.

    Par exemple, imaginons demain matin, je me lève et on me plante une conférence avec 1 500 personnes, sans aucune préparation et c’est dans une heure. Ça peut faire peur. Mais je sais que si je me reconnecte à « ok, Thomas, qu’est-ce qu’il faut que tu racontes ? Pourquoi tu fais ça ? ». Et je me reconnecte à « tu fais ça pour honorer la vie de ton père, tu fais ça pour faire passer un message d’un truc ultra horrible que tu as vécu et tu as envie d’éviter aux gens de le vivre pour avoir accès aux questions que tu te poses. En donnant cette conférence, tu continues de faire vivre ton père. » Même là, je sens que ça me touche émotionnellement… Eh bien, ça me permet de tout faire.

    Tu vois les problèmes du quotidien, par exemple un client qui ne te paye pas… Ce n’est rien, quand tu as ce levier émotionnel qui te fait te relever de toutes les galères.

    Donc pour moi, le « pourquoi », c’est quand tu as trouvé ce truc où émotionnellement, ça t’engage tellement que tu deviens inarrêtable.

    Ça, c’est le premier levier et pour le rendre concret – c’est ça la deuxième question – comment tu rends concret ce « pourquoi » ? Qu’est-ce que tu en fais ? Quand je dois mettre en place des nouveaux projets ou créer du contenu, je me demande comment je fais pour nourrir ça encore plus, comment je fais pour honorer encore plus mon père. C’est quoi les objectifs que je me fixe pour ça ? C’est quoi les messages que je dois faire passer ?

    Une fois que tu as trouvé ce truc, c’est : « comment je fais en sorte que ma vie, mon activité, mon quotidien nourrisse encore plus cette chose ? ». Pour moi, honorer mon père, c’est aussi passer plus de temps avec ma mère, un jour pouvoir lui dire d’arrêter de travailler, et retaper la maison. Et donc, pour retaper la maison, je dois apprendre à gérer les flux financiers. Comment tu fais pour investir et avoir un effet de levier financier pour ça, pour avoir cette somme monétaire à ma disposition pour ensuite réinvestir sur la maison ?
    Ce qui fait que, ben ouais, bouffer un énorme bouquin sur la bourse, par exemple, alors qu’à la base, ce n’est pas ce qui m’intéresse le plus, j’y trouve du sens et ça me permet de le faire.

    Toujours s’interroger, si on a une idée, si on a un projet, est-ce que ça fait sens avec son « pourquoi ».

    Effectivement, il y a ce filtre de partir du projet, de l’idée, reliée au « pourquoi », mais aussi partir du « pourquoi » et le relier à des projets. Ces projets-là, c’est là où tu auras le plus de sens, ce sont ceux qui vont te motiver le plus.

    Tout à l’heure, tu disais que c’est le bon moment pour trouver son « pourquoi », là, maintenant, tout de suite. Concrètement, comment on le trouve ?

    Je suis content que tu me poses cette question parce qu’effectivement, on reste beaucoup trop dans la théorie sur ce sujet. Il y a plein de différents exercices.

    Il y en a un premier, qui est le plus discuté. Ce sont les 5 niveaux de « pourquoi ». Dans notre formation Surf en freelance, avec Marie, on appelle ça « la pelle du pourquoi ». L’idée, c’est de creuser au moins 5 niveaux.

    Donc, la première chose à se demander : pourquoi tu fais ce que tu fais ? Une fois que tu dis pourquoi tu fais ce que tu fais (« j’ai envie d’être libre, de travailler où je veux, quand je veux… »), tu te demandes « pourquoi c’est important pour toi de travailler où tu veux, quand tu veux ? ». « Parce que j’ai envie d’être libre, de vivre ma vie comme je veux. ». « Ok, mais pourquoi c’est important pour toi de vivre ta vie en étant libre de faire ce que tu veux ? » Et creuser comme ça au moins 5 niveaux, en prenant vraiment le temps de réfléchir « pourquoi c’est vraiment important pour moi la liberté », parce qu’on peut sortir des banalités. C’est souvent ce qui se passe dans les 3 premiers niveaux. On dit « j’ai envie d’être libre, j’ai envie d’avoir le choix » …, des trucs que tout le monde dit, mais, est-ce que c’est une vraie motivation viscérale ? Est-ce que c’est un vrai truc où émotionnellement, tu es prêt à tout pour ça ?

    Ce truc de creuser à chaque fois et de vraiment se questionner, en étant honnête avec soi-même, en toute authenticité et vulnérabilité : qu’est-ce qui est vraiment important pour moi ? Et pourquoi ça, ce que je réponds, c’est si important pour moi ?

    Si tu creuses loin, tu peux trouver des choses intéressantes. Ça prend du temps.
    Par exemple, je faisais une conférence, en décembre dernier je crois. J’avais évidemment parlé de ce sujet. Et, la semaine dernière, une des personnes qui étaient à cette conférence me dit : « Thomas, j’ai enfin réussi à creuser au niveau de profondeur dont tu parlais ». Elle a raconté et elle s’est mise à pleurer. Ça faisait 6 mois qu’elle se posait cette question et que ça ne venait pas. Donc ce n’est pas quelque chose d’automatique, c’est quelque chose qu’il faut faire tourner dans sa tête tout le temps.

    Tu as l’impression de ne jamais arriver à destination. Mais pleurer, c’est un bon indicateur (rires).

    Oui, s’il y a de l’émotion et que c’est difficile, c’est un bon indicateur.

    Donc ça, c’est un premier exercice.

    L’autre manière de faire, ce sont des observations sur le long terme. S’observer tous les jours, regarder ce qui nous inspire au quotidien. « Qu’est-ce qui me rend émotionnel ? Où est-ce que je sens que j’ai un élan naturel ? » Est-ce qu’il y a des causes qui t’attirent plus que d’autres ? Est-ce qu’il y a des combats que tu veux mener ? Est-ce qu’il y a des sujets sur lesquels tu pourrais lire et écrire toute la nuit et ne pas dormir parce que ça te donne de l’énergie ?

    Donc, avoir cette observation et prendre conscience. Noter petit à petit et voir les schémas qui en sortent.
    Ça peut être plus facile avec la méditation : voir au quotidien ce qui se passe en nous, ce qui nous parle, ce qui est important pour nous.

    Ensuite, il y a un autre exercice, qui paraît difficile à faire parce que ça fait appel à notre mémoire qui est incomplète. C’est ce qu’on appelle une ligne de vie. En gros, c’est retracer toute son histoire de vie. Noter tous les trucs importants : les jeux qu’on aimait quand on était gamin, les grandes étapes qui, selon nous, ont marqué notre histoire, les souvenirs les plus forts et les plus marquants. Les écrire sur une feuille et ensuite chercher les points communs. Ça aussi, ça nous donne des clés de lecture pour savoir ce qui est important ou pas.

    Sachant qu’encore une fois, il n’y a pas vraiment de destination finale. C’est un truc qu’on met à jour constamment. Il n’y a pas de moment où on se dit « ça y est, j’ai mon pourquoi ». C’est plutôt : « j’ai trouvé un truc qui, émotionnellement, m’engage, ça m’aide à avancer là, à l’instant T, continuons de creuser pour voir s’il y a autre chose derrière ou pas, et on affine avec le temps ».

    Il n’y a jamais de destination pour tous les sujets de notre vie. C’est tout le temps un truc qu’on doit par itération, revisiter, revisiter, revisiter, revisiter.

    Par exemple, dans notre activité professionnelle, il n’y a pas un moment où on arrive « ok, c’est bon, j’ai 2 millions de chiffre d’affaires par mois, tranquille, ça va tourner comme ça pour toujours ». Non, il faut le garder en vie, il faut continuer de délivrer pour les clients, il faut continuer de nourrir des relations avec eux.

    C’est un peu un fantasme de se dire qu’on y est arrivé. Comme si on partait de A à B. Mais il n’y a jamais de ligne d’arrivée.
    Soit, ça peut nous dégoûter et du coup on décide de ne rien faire. Soit on peut se dire « wow, génial, il n’y a jamais de ligne d’arrivée, je vais toujours grandir, toujours me poser des questions, toujours être en introspection, toujours découvrir de nouvelles choses sur moi toute la vie ». Et moi, personnellement, je trouve ça fou !
    À 90 ans, je vais découvrir des parts de moi, et je vais me dire : « ah ah, je comprends enfin ! ». J’ai trop hâte (rires).
    Et je me dis « plus je fais ce travail dès maintenant, plus ce que je vais découvrir à 80 ans, à 90 ans, ça va être incroyable ». Je n’aurai jamais accès à ça si je ne me pose pas les mêmes questions tous les jours, tous les jours, tous les jours, tous les jours.

    Mais finalement, sans « pourquoi », c’est quand même difficile d’avancer, non ?

    Tu vas te frotter à des challenges. Et quand tu n’es pas émotionnellement engagé, trop facilement tu as des excuses : « bon, ce n’est pas grave, je ne le fais pas ». Tu n’as pas ce levier émotionnel qui te dit « c’est tellement important pour moi, que même les trucs difficiles, je vais les faire ».

    Le vrai combat qu’on a dans notre vie, c’est nous face à nous-mêmes, nous face aux excuses qui viennent naturellement dans notre tête, et il y en aura toujours. C’est ça le seul combat à mener. Et le « pourquoi », c’est un outil, c’est une arme pour lutter contre nos excuses et pour réaliser les choses qu’on a vraiment envie de réaliser.

    Si ça se casse la gueule parce que ce n’est pas connecté à ce qui est important pour toi, presque tant mieux ! La procrastination, ce n’est forcément un manque de discipline, ça peut aussi être le signe que ce que tu essayes de faire, ce n’est pas vraiment ce qui t’inspire le plus. Et donc, forcément, tu n’as pas envie de le faire. C’est un indicateur, comme sur ton tableau de bord dans ta voiture, qui te dit « Hé oh ! Là tu n’as vraiment pas envie, pose-toi des questions, peut-être qu’il faut retravailler un peu ton projet parce que ça ne te parle pas vraiment ».
    Mais ça peut aussi vouloir dire que tu n’as pas de discipline, bouge ton cul, arrête d’attendre que tout arrive (rires).

    Merci beaucoup de nous faire nous poser des questions, de nous faire bouger !
    C’était un privilège de t’avoir en direct (rires). J’ai encore appris énormément de choses.

    J’en suis heureux.

    Je suis toujours surprise d’apprendre à chaque épisode de ton podcast.

    Mais j’espère que ça va continuer pendant encore longtemps. J’ai encore beaucoup de choses dans ma tête, qui naissent chaque jour.

    Je n’en doute pas !
    As-tu quelque chose à ajouter ?

    J’ai juste envie d’inviter les gens qui nous écoutent à se poser des questions, à aller vers les choses inconfortables, à se mettre face à eux-mêmes, à être pleinement authentiques et s’autoriser à l’être aussi avec les gens de leur entourage. Parce que, qu’on nous aime ou qu’on nous déteste pour qui nous sommes vraiment et pour les choses qui sont vraiment importantes pour nous, et en parlant de ça, je reviens à mon père et les frictions qu’il a eues avec sa famille, c’étaient des frictions parce qu’il était pleinement qui il voulait être. Alors qu’il aurait pu se comporter d’une autre manière, ne jamais vraiment se sentir épanoui, mais que tout aille bien dans sa famille.

    Je vais donc finir avec une question : est-ce que vous préférez être aimé et détesté pour qui vous êtes vraiment et qui vous avez vraiment envie d’être, ou est-ce que vous préférez être aimé et détesté pour quelqu’un qui n’est pas vous ?

    Vous avez toute la vie pour trouver la réponse. On n’a pas quatre heures, on a toute la vie.

    Recevez, par mail, mes tips d’UX Writing

    Une fois par semaine, dans votre boîte mail, je vous aide à améliorer la lisibilité et les contenus de votre interface web ou mobile.

    • Des astuces pour faciliter la vie et l’action de vos utilisateurs sur votre interface
    • Des ressources pour que vous deveniez un fin connaisseur de la microcopie
    • Le dernier épisode de podcast (ce serait dommage de le rater… :))

    Pour recevoir ces tips, abonnez-vous 😉

     

    On garde le contact ?

    Vous avez aimé l’épisode ? Dites-le moi en laissant un commentaire, un like ou une note sur la plateforme sur laquelle vous l’écoutez.
    N’hésitez à me faire des feedbacks sur l’épisode, pour prolonger le débat, ou sur le podcast en général. Cela m’aidera grandement à l’améliorer, pour qu’il réponde à vos besoins.